Les promoteurs prêts à faire face à la hausse des prix

17 juin 2020

La résidence Cœur Saint-Jacques de Pau Béarn Habitat, au cœur de Pau. © Ascencion Torrent

 

Comment les producteurs de logements, bailleurs ou promoteurs, reçoivent-ils cette annonce des surcoûts de la construction ? Explications.

Ce vendredi, l’opérateur Action Logement a annoncé qu’il prendrait en charge « une partie significative des surcoûts engendrés par la crise du Covid-19 », sa priorité étant de « permettre aux chantiers de redémarrer dans les meilleures conditions de sécurité sanitaire mais aussi de participer à la reprise économique ». 

De fait, qu’ils soient bailleurs sociaux, promoteurs privés ou investisseurs, les producteurs de nouveaux logements doivent désormais intégrer les surcoûts induits par la crise sanitaire, en raison notamment des nouveaux protocoles à mettre en place sur les chantiers. En l’occurrence, même si l’Etat décide d’intervenir à la faveur d’un plan de relance, il faudra bien voir comment ventiler cette inflation qui pourrait atteindre 25 % sur certains chantiers. A ce sujet, le président de la Fédération départementale du BTP Sébastien Labourdette parle d’un « travail d’intérêt collectif » à conduire.

Les dirigeants interrogés sur ce sujet disent en tout cas leur compréhension. A la tête de Pau Béarn Habitat, qui livre 90 à 100 logements par an, Olivier Subra indique ainsi qu’« il faudra sans doute que ce soit discuté au cas par cas, selon les chantiers ». Mais que ces surcoûts pourront sans doute être absorbés plus facilement si chacun prend sa part. 

L’intérêt étant de toute façon que les travaux soient menés à bien et que la production de logements ne chute pas.

Le directeur du Comité ouvrier du logement (COL), Imed Robbana, reste sceptique devant la hausse annoncée. Il pense plutôt que ces surcoûts aiguiseront la concurrence entre entreprises. « Dans certaines zones où c’est très tendu, comme l’agglomération bordelaise, le coût des chantiers avait atteint des proportions très importantes : +20 % en un an », indique le directeur d’un opérateur qui intervient désormais sur tout le Grand Sud-Ouest puisqu’il a récemment ouvert une agence à Toulouse. 

Plus facile sur les petits chantiers

Quant à Julien Pardon, à la tête d’Axias, il indique qu’« une partie sera forcément répercutée sur nous. Il y a des opérations de désinfection, des vérifications que les gestes barrières sont bien respectés sur les chantiers. Tout cela évidemment a un coût ».

Axias constate toutefois que sur le terrain « les choses se passent avec beaucoup de bon sens, même si c’est plus facile sur les petits chantiers. C’est quand vous avez 50 à 60 personnes sur place que c’est plus compliqué. C’est vrai que cela va impacter nos marges. Mais à notre niveau, cela ne remet pas en cause notre activité. De toute façon, sur chaque chantier, il y a toujours des imprévus. »

Lire le dossier spécial immobilier 2020 : https://www.larepubliquedespyrenees.fr/2020/06/16/immobilier-en-bearn-deja-dans-le-monde-d-apres,2708164.php